La Marne

SOURCE

marne-reseauNos lointains aïeux avaient appelé la rivière Marne, c’est à dire «Matrona» qui voulait dire mère nourricière à cause du limon bienfaisant qui a créé le Perthois fertile, soit sur 140 km environ. Elle prend sa source sur le plateau de Langres (Haute Marne) à Balesmes altitude 379 m. Cette source est toute proche de la grotte dans laquelle le rebelle gaulois Sabinus s’est réfugié en compagnie de sa femme Eponine pendant neuf ans, avant d’être capturé par les Romains.

 

 

 

marne-nogentPARCOURS

La Marne se jette dans la Seine (signifiant «la tranquille») un peu avant Paris à Charenton Le Pont (Val de Marne) altitude 25 m. Sa longueur est de 525 km et sa largeur atteint 70 m par endroit comme à Nogent sur Marne ou à Champigny. Actuellement, la Marne est classée navigable et canalisée sur 183 km depuis Epernay jusqu’à son confluent. Elle était navigable depuis Saint-Dizier en passant par Valcourt jusqu’à la fin du 19ème, puisqu’en 1866, il y eu l’ouverture du canal latéral entre Saint-Dizier et Vitry-le-François, puis en 1907 achèvement canal de la Marne à la Saône et ensuite du canal de la Marne au Rhin. 1912 constat d’abandon de la navigation de la Marne.

 

HISTOIRE DE LA MARNEmarne-plage

La rivière Marne, qui traverse notre village Valcourt sur 3 km, était un des moyens de transport le plus utilisé pour livrer la capitale en fer, fonte, bois, clouterie, seaux ; il y avait des forges innombrables. Valcourt faisait partie d’un ensemble de villages avec Saint-Dizier, la Noue, Moeslains, Hoéricourt, et qui comportaient des mariniers, des brelleurs, cordiers, chanvriers, scieurs de long, cloutiers, seauliers, marchands de bois, menuisiers, tonneliers, forgerons, vignerons. C’est une activité très intense qui régnait dans le village. Le transport des marchandises se faisait à l’aide de brelles, sorte de radeaux formés par des grumes et équilibrés par des tonneaux, attachés par du saule, et équipé d’une cabane pour dormir et se nourrir. Breller veut dire fixer au moyen de cordages et de madriers. On préparait le train (plusieurs brelles reliées entre elles), on le chargeait, on faisait le voyage, on livrait, on revenait à pied. Il fallait plus d’un mois pour rejoindre la capitale. Les voyages sur la marne étaient rythmés par le niveau de l’eau, le gel, le brouillard et les fêtes religieuses. Il fallait connaître le parcours et tous les dangers de la rivière (goulettes, bancs de sable et pertuis). Les divers métiers ont disparus avec les nouvelles technologies de fabrication et de transport.
Au 19ème siècle, le terrain situé après l’ancien bar des ailes, Avenue du Piémont à Valcourt, servait de dépôt pour les brelleurs et a été très longtemps appelé le Port. En 1825, on mentionne le nom de « port de la folie » de Valcourt. Il existait à proximité la «plage» où beaucoup de Bragards venaient se divertir aux bords de Marne. Aujourd’hui il existe des micro usines productrices d’électricité sur le parcours de la rivière, comme à Valcourt derrière Sofibo par exemple.

 

lac-du-derLAC DU DER

Les inondations de 1910, 1924, 1945, 1955 élevaient le niveau de la Marne de 5m (débit de 460m³ / seconde). Le besoin d’eau pour Paris est important, surtout en eau potable, et afin d’atténuer les crues et soutenir l’étiage, en 1938 un premier réservoir fut créé « Le Champaubert aux bois » sur la Blaise de 82,5 millions de m³. Ne suffisant pas, il fut agrandi pour s’appeler « Lac du der Chantecoq » avec 350 millions de m³ sur 4800ha, inauguré en 1974. Les eaux de la Marne sont prises en amont de Saint-Dizier au Clos Mortier et sont amenées par le canal traversant Valcourt d’est en ouest sur 12 km. Sa pente est de 0,35 à 0,57 cm au km, avec 7m de profondeur. La restitution vers la Marne se situe à l’Ouest d’Arrigny. La vidange annuelle théorique se situe du 1 juillet au 1 novembre. Dernière vidange décennale (niveau minimal très bas) en 2004 pour permettre les inspections des barrages par IIBRBS (Institution Interdépartementale des Barrages-Réservoirs du Bassin de la Seine).

 

Pour en savoir plus : Jean-Paul Kauffmann, Remonter la Marne, Fayard, 2013

www.grandslacsdeseine.fr