Eglise

L’existence de l’église de Valcourt, dédiée à Saint-Pierre, est attestée dès la moitié du XIIème siècle par des chartes épiscopales et des bulles papales. Elle appartenait à l’abbaye troyenne de Montier-la Celle, comme les églises de Hoericourt, de Moëslains Saint-Aubin (près du château) et d’Eurville.

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En 1133 : 1ère charte épiscopale de Geoffroy Ier, évêque de Châlons en Champagne
Le 5 avril 1139 : première bulle papale du pape Innocent III
1150 : Charte de l’évêque de Châlons, Barthélémy de Senlis
Le 10 décembre 1153 : bulle du pape Anastase IV

Les églises, à cette époque, doivent leur existence:
– soit à des grands propriétaires terriens qui se convertissent au christianisme.
– soit à des groupes de chrétiens qui créent des lieux de prière.
– soit à des communautés chrétiennes qui sont à l’origine des constitutions des villages.

Les églises, détenues par des laïcs, devront être données, avec beaucoup de difficultés, à l’évêque du lieu ou à des abbayes d’hommes et de femmes, ou à des communautés de chanoines (c’est la réforme grégorienne et le deuxième concile du Latran en 1139). En ce qui concerne l’église de Valcourt, nous ne connaissons pas quel seigneur de Valcourt l’a remise aux religieux de Montier la Celle (Montier = moûtier = monastère ; celle = petite cellule, petit monastère). A noter qu’en 1219 Guy de Valcourt, Seigneur du Chatelier et de Champ Gerbeau, fait mention de l’existence d’une petite église.

Que reste-t-il de cette époque ?

Probablement l’abside : on constate à l’arrière de l’église, sur le chevet plat, trois fenêtres de style roman. Le chevet plat est plus fréquent en zone rurale car plus économique. Ces trois fenêtres furent probablement murées lors de l’installation de la statue de Saint-Pierre dominant le maître autel au XVIIIème siècle.

Les comptes rendus des visites épiscopales (20 septembre 1627, 14 juin 1698, 17 mai 1730) permettent de connaître l’état de l’église.

En 1627, l’église, annexe de celle de Hoéricourt et peu après annexe de celle de Moëslains, fut consacrée par l’évêque de Châlons en Champagne. A cette époque, l’église de Valcourt, annexe de Moëslains faisait partie du doyenné de Perthes, de la prévôté de Vitry et du diocèse de Châlons et non de celui de Langres.

En 1698, il semblerait que l’église fut agrandie après cette date et avant 1730. Il en est de même de la sacristie qui fut construite à cette époque, accolée au Choeur. Un clocher, situé sur la nef renferme deux cloches.

En 1730, on fait état d’une nef « suffisamment grande pour le peuple » et d’une sacristie « assez propre, en bon état, grande, spacieuse, bien éclairée ».
La cuve baptismale en pierre date de cette époque (1730).
A la Révolution les églises furent dépouillées de leurs ornements, des vases et reliquaires. Les cloches furent descendues pour les fondre et les transformer en canons. Seule restait une cloche pour faire office de tocsin.

En 1826, la commune de Valcourt décide de construire un presbytère pour y loger le curé de Moëslains, dont la cure de Moëslains n’était plus à sa disposition, ayant été vendue comme bien national à la révolution. Dans le même temps, il fut décidé de bâtir une nouvelle façade à l’église et un nouveau clocher. Cette décision fut prise le 18 juin 1826.

En 1827, construction du nouveau clocher avec deux nouvelles cloches avec agrandissement de la nef, visible à l’intérieur : un peu avant la tribune, le mur est moins épais que l’autre.

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L’église Saint-Pierre sous la neige

En 1852, refonte des trois cloches et baptême de celles-ci le 1er février 1852. Ce sont les cloches qui rythment actuellement les heures, l’angélus et les cérémonies religieuses.

Voici ce que nous lisons sur ces cloches qui furent fabriquées par la maison PAINTANDRE Frères de Vitry le François :

La petite cloche : diamètre 93 cm, poids 280 kg, son : sol dièse
L’an de grâce 1852, Bénédiction par Claude Victor JEANSON, curé de la paroisse Saint Pierre de Valcourt en l’honneur de Saint Joseph et de Saint Pierre
Parrain: Pierre Frédéric GUERIN, époux de Dame Marie TONGLET
Marraine Demoiselle Marie Aubine GRANCHER, fille de Monsieur Joseph GRANCHER et de Marie Clémence GUERIN

La moyenne cloche : diamètre 104 cm, poids 680 kg, son fa dièse, en l’honneur de Saint Nicolas et de Sainte Claire.
Parrain : Pierre Nicolas Henri BOULLAND, fils de Jean-Baptiste BOULLAND et de Marie Alexandrine JOLAIN.
Marraine : Demoiselle Claire Berthe PAQUOT, fille de Jules PAQUOT et de dame Marie Clotilde MOULAIN.

La grosse cloche : diamètre 115 cm, poids 981 kg, son : mi, en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie et de Saint Jules.
Parrain : Monsieur Jules PAQUOT, époux de Dame Clotilde MOULAIN
Marraine : Dame Marie Alexandrine JOLAIN, épouse de Jean Baptiste Jules BOULLAND

Au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le 19 février 1906, fut fait un état des lieux avec inventaire des biens de l’église en présence de Monsieur NICOLOT, curé de la paroisse Saint Pierre de Valcourt et de Monsieur ANNION, président des marguilliers, c’est-à-dire président du Conseil de fabrique, composé du prêtre et de trois conseillers laïcs.
En 1944, lors des bombardements alliés de Hoéricourt, de la base aérienne occupée par l’aviation allemande, le village subit de gros dégâts par le souffle de l’explosion. L’église apparemment n’est pas touchée, mais huit jours plus tard, effondrement de la toiture et dégâts intérieurs importants.

En 1946, l’église est déclarée sinistrée.

En 1947, les travaux sont évalués à 600 000 francs.

De 1948 à 1950 : Restauration et travaux conduits par Monsieur SIMART, architecte. La maçonnerie fut confiée à Monsieur PILLARD d’Eclaron, la menuiserie à Monsieur René LANG. Six stalles et vingt-sept bancs furent remplacés, la chaire, le confessionnal et la tribune furent réparés et consolidés. L’électricité fut confiée à Monsieur COLLINET, les vitraux au maître verrier VINUM de Troyes. La facture finale s’éleva à 831 500 francs.

Le 2 juillet 1950, une messe solennelle fut célébrée par l’abbé PETIPAS, curé d’Eclaron, chargé de Valcourt et de Moëslains, en présence de Monseigneur MICHEL, vicaire général, de l’abbé PENSE, ancien curé de Valcourt, retiré à Perthes. Ce fut la réouverture de l’église. L’abbé PETIPAS, dans « la semaine religieuse du diocèse de Langres » demandait aux fidèles et aux prêtres des paroisses, qui auraient recueilli des objets et du mobilier appartenant à l’église, de bien vouloir les restituer.